Les femmes au quotidien de 1750 à nos jours, voila une offre qui a attiré mon attention :
Histoire Les Femmes au quotidien de 1750 à nos jours On lit souvent des propos du genre «La femme au XIXe siècle était comme ci, celle du XVIIIe siècle comme ça…». Or, il n’y a pas une femme, mais des femmes. Lorsqu’on en parle au singulier, c’est qu’on évoque seulement celle qui a laissé des écrits, publié des mémoires, bref la femme issue de la noblesse ou de la haute bourgeoisie, la femme lettrée, femme de lettres parfois. Comme ces dictionnaires qui mettent des vignettes sur les costumes du Moyen Âge à nos jours et qui ne dessinent que des costumes de cour : les petits écoliers sont persuadés, en toute bonne foi, que leur aïeule portait sous Louis XIV une haute perruque poudrée garnie de perles et de plumes ainsi qu’une vaste robe à cerceaux. Combien de femmes étaient habillées ainsi en réalité ? Une toute petite minorité. La minorité qu’on appelait à la Belle Époque «le monde» ou «la société», comme s’il n’existait rien en dehors d’elle.C’est tout le mérite de cet ouvrage de tenter d’aborder, époque par époque, les différentes conditions féminines. Synthèses et portraits issus de généalogies ou d’interviews se succèdent pour approcher au mieux et de façon très vivante, la multiplicité des parcours. Une approche originale qui permet une véritable compréhension du passé.L’auteur : Marie-Odile Mergnac, généalogiste et historienne, dirige la collection de guides de généalogie des Éditions Autrement et la revue hebdomadaire «Généalogie facile» des Éditions Hachette. Elle est auteur ou coauteur de nombreux livres sur la vie quotidienne autrefois, comme «Bébés d’hier» ou «Amours et mariages en France d’autrefois».Extrait du livre :NÉES VERS 1750 SANS FAMILLE… Les enfants abandonnés atteignent peu souvent l’âge adulte. S’ils y parviennent, leurs chances de trouver un conjoint sont réduites, car les unions sont à cette époque négociées par les familles. Célibataire ou fille-mère : voilà les deux sorts les plus probables de l’orpheline qui a survécu.Pas de retour à la normalitéPour tous les abandonnés de cette fin de XVIIIe siècle, espérer retrouver ses parents est un leurre. Même hélas (et c’est le plus horrible) quand la famille souhaite le retrouver. D’abord parce que l’administration des enfants trouvés réclame alors, pour les frais de recherche et d’entretien, cent livres (une somme très conséquente, impossible à payer pour la plupart des familles). Ensuite, parce qu’elle est souvent incapable de savoir où peut se trouver l’enfant ! A la fin de l’Ancien Régime, 600 à 700 parents par an à Paris demandent à récupérer l’enfant déposé. Neuf enfants sur dix sont morts mais surtout les conditions de certaines admissions comme la mauvaise tenue des dossiers rendent quasi impossible, des années plus tard, l’identification et la restitution de l’abandonné. On ne réussit sur le total à en rendre au mieux que trois à cinq par an aux parents. Un chiffre affreusement dérisoire. En clair, quand on est abandonné à sa naissance, on le reste jusqu’à sa mort.Pas de formationNon seulement l’opinion publique d’alors s’illusionne sur les bons soins donnés aux petits abandonnés, mais aussi sur la bonne éducation qui est supposée leur être donnée. En 1788, les administrateurs reconnaissent eux-mêmes que les enfants sont dans une totale ignorance «sur la lecture, l’écriture et les principes de la religion». Il est vrai que, dès six ou sept ans, les filles qui ont survécu sont revenues à l’hospice et occupent l’essentiel de leur temps à tricoter des bas qui seront vendus pour subvenir à leurs besoins. À treize ou quatorze ans, elles sont placées en apprentissage ou comme domestique, théoriquement dans des foyers connus pour «leurs bonnes vie et moeurs», mais sans aucune connaissance du monde, livrées à tous les pièges.
Marie Odile MergnacHistoire culturelle et sociale
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